Journal du philosophe Roger-Pol Droit, “Entre parenthèses – semaine 9”

Imaginer des mondes sans…

Matériel : sans rien

Durée : sans fin

Effet : sans égal

Depuis peu se remarquent des pénuries partielles, éphémères. Il manque ici de la farine, là des yaourts. Ailleurs du gel hydro-alcoolique. On s’habitue à faire sans.

Le confinement a fait découvrir la vie sans écoles, les repas sans restaurants, les films sans cinémas, les soirs sans matches de foot, les déplacements sans avions, etc.

Chacun complétera la liste.

Depuis longtemps, nous connaissions le shampooing sans paraben, les plats sans conservateur, les sirops sans colorant, les bières sans alcool, les pâtes à tartiner sans huile de palme. Lire la suite...

L’apologue du jour

“Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux maux jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Lire la suite...

A l’occasion d’un documentaire à voir sur Arte Replay, je vous recommande la lecteur du passionnant essai, très simple à lire, d’Edgar Morin :

Et une synthèse du livre, pour vous donner envie de vous y plonger :

 La Rumeur d’Orléans, d’Edgar Morin.

En mai 1969 naît, se répand et se déploie à Orléans, le bruit qu’un, puis deux, puis six magasins d’habillement féminins du centre de la ville organisent la traite des Blanches. Les jeunes filles seraient droguées par piqûre dans les salons d’essayage, puis déposées dans les caves, d’où elles seraient évacuées de nuit vers des lieux de prostitution exotique. Les magasins incriminés sont tenus par des commerçants juifs. Lire la suite...