Solidarité: Nouvelles formes, nouveaux enjeux

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Extrait de la « Note de commentaires indicative rédigée par l’Inspection de l’enseignement agricole » du 30 avril 2018

« Solidaires, nous le sommes déjà à notre insu, par la portée mondiale universelle de ce qui advient à la nature, aux sociétés humaines, au lien social lui-même […] L’enjeu d’une pensée active de la solidarité est de cesser de subir comme une fatalité les évolutions actuelles. »

Henri Pena-Ruiz, La solidarité, une urgence de toujours », coll. « Rue des Écoles », Agora-Éducation, 2010.

« Peu importe que je sois né Blanc en 1976. J’aurais pu naître Peau-Rouge en 1804, Jaune prostitué sous la dynastie des Ming dans un bordel de Pékin, ou Noir dans un zoo humain au début du XXe siècle. La roulette des races, du sexe et du temps nous a distribués au hasard. On ne peut pas demander à des numéros tirés au sort d’être solidaires les uns des autres, ou d’éprouver de la compassion pour les chiffres les plus faibles. Je suis ma seule patrie »

Régis Jauffret, « Glorieux Aïeux », Microfictions : Romans, Gallimard, 2007.

Une simple recherche par Internet à partir du mot-clé « solidaire » propose la consultation de sites aussi hétéroclites que l’ « Opération Cinéma Solidaire », l’ « Action contre la Faim », l’ « Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale » (ECSI) ou « le garage solidaire » La profusion de références traduit un réel besoin de liens, d’entraide et d’engagements sociaux, culturels et économiques pour faire face au développement de l’individualisme et à la montée de l’injonction à l’autonomie qui sont (ou sont ressentis comme) la cause de l’effritement des liens, de la crispation des identités et du renforcement des inégalités.

Le terme « solidarité » est issu de l’adjectif latin solidus : il désigne une totalité solide, dont la robustesse vient du fait que les éléments sont bien liés entre eux. Dans une société donnée, ce lien est créé par le sentiment de communauté : la nation, le corps professionnel, l’identité culturelle, les liens familiaux ou des situations difficiles communes. La solidarité est sollicitée lorsqu’un ou plusieurs des membres du groupe sont exposés à une perte ou à une injustice.

La solidarité est d’abord un terme juridique qui désigne la responsabilité commune d’une ou plusieurs personnes lors d’un emprunt, puis prend un sens politique (le « solidarisme » de Léon Bourgeois qui assigne à l’Etat le rôle d’instaurer la solidarité entre les citoyens). Elle impose ainsi l’idée d’un engagement et d’une réciprocité. Elle questionne surtout la nature des liens qui unissent les individus et interroge la notion d’identité et de fraternité car elle repose sur ce qui est commun (les intérêts, l’identité, etc.)

Les modes de vie occidentaux, la mondialisation des échanges et de la culture voire les menaces environnementales qui pèsent sur la planète ont créé de nouvelles configurations de liens sociaux, culturels et économiques. L’éclatement de la cellule familiale, les nouvelles formes de travail (télétravail, développement de l’auto-entreprise, etc.), les réseaux sociaux, l’immigration massive sont des exemples de phénomènes qui affectent la représentation des liens traditionnels et donc la capacité à répondre collectivement à une menace, une injustice. Mais ils permettent de repenser les formes d’engagement solidaire aujourd’hui en suscitant de nouvelles interrogations. Sur quels critères créer du lien ? Comment déjouer le risque de communautarisme lié à une solidarité de groupes aux intérêts divergents ? Comment concilier le dynamisme de l’initiative individuelle et le sens du bien commun ?

Lien vers la note de service – voir annexe 2 (page 11)

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